Réforme du recrutement : le ministère revoit sa copie

Vendredi 30 janvier 2026

Alors que l’absence de budget en bonne et due forme pour 2026 compromet l’organisation des nouveaux concours au niveau bac+3, le ministère a profité d’un nouveau groupe de travail sur la réforme du recrutement pour faire trois annonces.

Mise à jour suite aux annonces de janvier 2026

Une limitation de l’engagement de quatre ans

Tout d’abord, l’administration a confirmé que l’engagement quadriennal (c’est-à-dire l’engagement à servir pendant 4 ans suite à sa titularisation sous peine de devoir rembourser les salaires reçus pendant la formation) serait limité aux lauréates des concours ayant bénéficié des deux années de formation. Si cette restriction de l’engagement quadriennal va dans le bon sens, SUD éducation a réaffirmé que la mise en œuvre de l’engagement à servir de quatre ans constitue un frein à l’attractivité compte tenu des conditions de travail pour les néo-titulaires.

=> Le Ministère ferait mieux de mettre en place un plan d’aide et d’accompagnement aux stagiaires démissionnaires qui ont dû faire face à de trop grandes difficultés en début de carrière

Un aménagement de la formation initiale

Alors qu’il était initialement prévu de limiter à un an la formation initiale des lauréates titulaires d’une L3 remplissant les conditions du concours interne ou du 3e concours, le ministère a annoncé que cette formation initiale serait portée à deux ans, comme pour l’ensemble des lauréates titulaires d’une L3.
Pour SUD éducation cela va dans le bon sens, toutes les lauréates devraient pouvoir avoir accès à une formation en deux ans rémunérées, avec une rémunération qui prenne en compte l’ancienneté et l’expérience des collègues.

Des modifications de la formation initiale des lauréates du CAPLP ont également été introduites pour certains profils.

L’abandon du « fast-track » mais un CRPE externe spécial

Un dispositif de dispense des épreuves d’admissibilité du CRPE pour les candidates qui seraient titulaires de la nouvelle licence de professorat des écoles (LPE) avait été annoncé mais ce « fast-track » avait concentré les critiques et les demandes de clarification. Le ministère a finalement jeté l’éponge et abandonne cette dispense des épreuves d’admissibilité. Avec l’objectif affiché de maintenir l’attractivité de la LPE, le ministère a en revanche annoncé qu’un CRPE externe spécial serait réservé aux titulaires d’une LPE (ou inscrites en L3 de LPE). La première session de ce CRPE externe spécial serait organisée en 2028 avec des épreuves différentes du CRPE « classique » :

  • une épreuve écrite d’admissibilité disciplinaire appliquée en français et mathématiques avec une forte dimension didactique ;
  • deux épreuves orales d’admission : (1) une épreuve disciplinaire appliquée au choix en histoire-géographie et enseignement moral et civique, ou en en sciences et technologie, ou en arts (arts plastiques, éducation musicale, histoire des arts) ou en langue vivante et (2) une épreuve d’entretien avec une partie consacrée à l’EPS.

Pour SUD éducation, l’abandon du « fast track » est une mesure de bon sens tant ce dispositif posait des problèmes d’organisation et d’égalité devant le concours. La création d’un CRPE externe spécial pose tout autant de questions : quelle sera la répartition des postes entre le CRPE externe classique et le CRPE externe spécial ? Comment seront hiérarchisées les demandes d’affectation entre les lauréates du CRPE externe classique et les lauréates du CRPE externe spécial ?

Alors que dans certains Inspe, la maquette a déjà été votée dans les conseils, et que dans beaucoup elle est en voie de finalisation, cette annonce vient potentiellement modifier le contenu et l’organisation de la LPE, ainsi que les profils des intervenantes envisagées : le ministère a t-il la moindre idée des heures de travail que demande la mise en œuvre de cette nouvelle licence ?

Aucune avancée concernant le budget des universités et des questions toujours en suspens pour les personnels des INSPE.

Alors que cette réforme se fait à moyens constants dans les universités, qui ne bénéficient d’aucun budget pour mettre en œuvre la nouvelle licence professorat des écoles, un certain nombre de questions restent toujours en suspens dans les INSPE :

  • Comment seront recrutées les collègues de l’Éducation nationale qui devront assurer la moitié du temps de formation en licence et en master ? SUD éducation a sur ce point de grandes craintes en termes de faisabilité : alors que le ministère a des difficultés de recrutement pour mettre une professeure devant chaque élève, comment va-t-il recruter ces personnels ? Enfin, quel devenir pour les personnels des INSPE qui assuraient jusque-là ces missions de formation ?
  • Que vont devenir les collègues actuellement en temps-partagés, nombreux dans cette composante : quelle évolution statutaire, qui va les rémunérer et quel sera le cadre de leur recrutement ? Pour l’année à venir le ministère annonce un statu quo, mais rien n’est dit pour la suite.

Téléchargez le communiqué de presse de SUD éducation en bas de cette page.

Voir en ligne : la mise à jour sur le site de SUD éducattion

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