Déclin de la qualité de l’éducation dans l’enseignement privé hors contrat

Du recrutement frauduleux à la suppression de postes en langues étrangères
Dimanche 5 juillet 2026

Les signaux d’alerte se multiplient dans une grande partie du marché du travail. De nombreux secteurs ressentent déjà les effets de l’introduction de l’intelligence artificielle, en particulier ceux liés à l’éducation.

Les enseignantes des établissements privés hors contrat en sont les premières victimes. Abusant des contrats à durée déterminée ou des contrats d’usage, les écoles licencient et suppriment des postes de langues. Les élèves se voient contraints de basculer sur des plateformes en ligne.

Lisez le décryptage des enseignantes de l’ECE-Paris dans notre article (Français - Espagnol).

Après avoir subi, durant la pandémie, le remplacement des cours en présentiel par diverses formes de travail en ligne, nous assistons désormais à la généralisation, au sein des organismes de formation privés, du recours aux plateformes d’auto-apprentissage. Ce remplacement du personnel enseignant par des outils numériques, dont le coût moindre garantit d’importantes marges bénéficiaires, s’opère au détriment de la pédagogie.

Sous couvert d’ « innovation technologique et pédagogique », cette substitution soudaine a entraîné le licenciement massif et arbitraire de nombreux et nombreuses enseignantes dans le secteur de l’enseignement des langues étrangères (E.L.E.). Ces travailleureuses, déjà soumises à des conditions très précaires, ont vu leur situation se dégrader au cours des dernières années.

Les enseignantes de langues (anglais, espagnol, allemand, chinois, italien, portugais, entre autres) sont souvent victimes de pratiques contractuelles frauduleuses. Bien qu’ils exercent une activité d’enseignement permanente, les entreprises leur imposent des contrats précaires successifs pour un même poste, en violation flagrante de leur droit à un contrat à durée indéterminée (CDI). Il est fréquent que ces établissements s’affranchissent de la législation du travail concernant la durée maximale des contrats courts sans jamais améliorer les conditions d’emploi. La majorité de ces collègues, originaires de l’étranger, ont un besoin impérieux de travailler et ignorent souvent l’étendue de leurs droits. À cette vulnérabilité s’ajoutent une faible syndicalisation et l’obligation, pour assurer leur subsistance –spécialement dans les grandes métropoles–, de cumuler les vacations dans de multiples centres.

Les entreprises recrutent désormais en fonction de maquettes pédagogiques de plus en plus appauvries : réduction continue du nombre de séances, concentration des horaires sur des journées interminables (jusqu’à quatre heures consécutives) et « semestres » fictifs ne durant que quelques semaines. Cette dégradation globale de la qualité des formations contraste avec le discours commercial adressé aux familles et à la société, à qui l’on vend des produits « d’excellence » censés enrichir les parcours académiques, alors qu’il ne s’agit souvent que de « capsules d’apprentissage » au contenu et à la durée erratiques. Ces « capsules » sont dispensées par des enseignantes sous la passivité de coordinations pédagogiques contraintes de privilégier la réduction des coûts au détriment de la qualité réelle et des résultats des cours.

S’ajoute à cela une logique de rentabilité qui conduit à surcharger les groupes, atteignant parfois 30 étudiantes ou plus, qu’une seul enseignante, le plus souvent vacataire, doit encadrer, dynamiser et évaluer, en présentiel ou à distance.

Ainsi, de nombreuses écoles de commerce et de management ferment leurs locaux pour se réinstaller dans des zones plus centrales afin d’attirer une nouvelle clientèle, ou investissent dans des bâtiments high-tech qui ne sont en réalité que de simples « usines à cours » dépourvues de personnel permanent. Le corps enseignant y travaille de manière isolée, exclu des prises de décision et de l’élaboration des contenus académiques, une situation aggravée par la précarité et une forte mobilité géographique imposée.

Le résultat est, sans aucun doute, une détérioration de la qualité de l’enseignement des langues étrangères en France. Ce processus se déroule sous le regard passif du ministère de l’Éducation nationale, stimulé par la soif de profit des groupes privés, le silence imposé par la crainte des enseignantes, la faiblesse de la réponse syndicale et l’absence de débat dans une opinion publique encore peu informée par les médias généralistes.

Un groupe d’enseignantes licenciées au début de l’année à l’école d’ingénieurs E.C.E.à Paris a décidé de rompre ce silence et de dénoncer les dérives du secteur. Au-delà des recours indispensables devant les conseils de prud’hommes pour faire valoir nos droits et créer une jurisprudence protectrice pour l’ensemble des collègues, nous entendons mener une lutte collective.

Nous remercions le syndicat SUNDEP-Solidaires pour son soutien total et son expertise dans ce combat.

Les enseignantes licenciées de l’ECE-Paris

Traduction espagnole

La enseñanza de lenguas extranjeras : de la contratación fraudulenta a la supresión de profesorado y la caída de la calidad educativa

Las alarmas están sonando en buena parte del mercado laboral. Son muchos los sectores en los que se están experimentando ya los efectos de la introducción de la I.A., y especialmente en los ligados a la enseñanza.

Tras haber sufrido durante la pandemia la sustitución del carácter presencial de las clases por diversas formas de trabajo en línea, ahora se ha generalizado el recurso de las empresas educativas privadas por la sustitución del profesorado por Plataformas de auto-aprendizaje, cuyo menor coste garantiza un amplio margen de beneficios a las mismas.

Disfrazada de “innovación tecnológica y pedagógica” esta sustitución repentina ha supuesto el despido de numerosos profesores, de forma indiscriminada y generalizada en el sector de la Enseñanza de Lenguas Extranjeras (E.L.E.), unos trabajadores ya de por sí sometidos a condiciones muy precarias en su labor profesional, que no han hecho sino empeorar en los últimos cursos.

El profesorado de Lenguas Extranjeras (inglés, español, alemán, chino, italiano, portugués, etc.) suele estar sometido a contratación fraudulenta, porque aunque realizan una actividad continua de enseñanza, las empresas les ofrecen contratos temporales sucesivos en un mismo puesto de trabajo vulnerando así su derecho a un contrato de duración indefinida. Es frecuente que las empresas educativas incumplan la legislación laboral respecto al máximo de años permitidos sin mejorar las condiciones de contratación de su personal docente. Estos profesores en su mayoría provienen de otros países, necesitan el trabajo y desconocen sus posibles y mínimos derechos a lo que se suma que no están sindicalizados y para asegurar su supervivencia económica -especialmente en las grandes ciudades- tienen que sumar multitud de centros.

Las empresas suelen realizar contrataciones en función de unas programaciones cada vez menos pedagógicas, devaluando la enseñanza de idiomas con recortes continuos de sesiones, con concentración de horarios en jornadas interminables (hasta de 4 horas seguidas), con supuestos ‘semestres’ que apenas duran unas semanas, y degradando en suma la calidad de unos cursos que se siguen vendiendo a las familias y a la sociedad como productos ‘de excelencia’ (para enriquecer los currículums académicos) cuando estos no pasan a menudo de ser unas ‘píldoras de aprendizaje’ de muy desigual nivel y duración. Dichas ‘píldoras’ son suministradas por el profesorado bajo la pasividad en muchos casos de las coordinaciones pedagógicas de los centros, quienes se ven forzados a priorizar los criterios de reducción de costes por encima de la publicitada calidad y buen resultado de sus cursos.

A todo ello se suma, que para evitar contratar más profesores los grupos que se organizan son muy numerosos – a veces de hasta 30 o más estudiantes- que un solo profesor –“vacater” en la mayoría de los casos- debe gestionar, dinamizar, evaluar y mantener la atención de los alumnos en presencial y con mucha frecuencia en online.

De esta forma, muchas Escuelas de Comercio y Negocio por ejemplo, cierran sus instalaciones y se trasladan a lugares más céntricos para atraer más estudiantes, o bien invierten en edificios nuevos y de gran dotación tecnológica, que se convierten en simples Aularios sin apenas personal fijo incluyendo un profesorado que trabaja de forma aislada y que no participa en la toma de decisiones ni en la posible mejora del contenido académico de los cursos, debido también a la gran precariedad y movilidad geográfica de su trabajo.

El resultado es, sin lugar a dudas, el deterioro de la calidad educativa de los cursos de Enseñanza de Lenguas Extranjeras en Francia, todo ello bajo la pasividad del Ministerio de Educación Nacional, la voracidad por la obtención de beneficios por parte de las empresas privadas educativas, el silencio y temor del profesorado afectado, la debilidad en la respuesta sindical y la ausencia de un debate en la opinión pública que al parecer todavía no ha sido expuesto por los medios de comunicación generalistas y profesionales.

Un grupo de profesores despedidos a principios del curso actual en la Escuela de Ingenieros E.C.E. en París, hemos decidido romper con tanto silencio e inacción y denunciar las condiciones de nuestra labor educativa y la deriva del sector de Enseñanza de Lenguas Extranjeras, al margen de los siempre necesarios recursos a los tribunales laborales para exigir nuestros derechos y a la vez crear la jurisprudencia que pueda beneficiar a otras compañeras y compañeros del sector. Agradecemos al sindicato SUNDEP-Solidaires su total apoyo y asesoramiento en esta lucha colectiva.

Profesorado despedido de ECE-Paris

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