La guerre d’indépendance algérienne approchait de son issue victorieuse quand, le 17 octobre 1961, un massacre a été perpétré par la police française sur ordre du pouvoir à l’encontre des milliers d’Algériennes et d’Algériens qui manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu raciste qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque.
Ce crime d’État demeure trop souvent occulté et trop rarement enseigné. La reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 comme crime d’État ne peut rester une question ignorée : elle est un acte politique et démocratique nécessaire.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, nous attendons de toutes celles et tous ceux qui prétendent exercer demain les plus hautes responsabilités qu’ils et elles prennent clairement position sur cet épisode sombre de la Ve République. Il est plus important que jamais de regarder notre histoire en face. On ne peut prétendre être une République réellement égalitaire sans reconnaître les crimes commis en son nom, ni interroger les héritages qui continuent de peser sur le rapport aux populations issues de l’immigration post coloniale.
Nous protestons :
- Contre les odieuses déclarations de haine à l’encontre des Algériennes exprimées par des candidates à l’élection présidentielle de 2027, qu’elles viennent d’extrême droite ou d’ailleurs. Elles traduisent la résurgence des pires idées racistes des tenantes de l’Algérie française et des extrémistes criminels de l’OAS que certaines cherchent à réhabiliter.
- Contre l’augmentation systématique des entraves à la circulation des personnes entre l’Algérie et la France et l’aggravation des conditions de séjour des Algériennes, comme celles des autres étrangères et étrangers en France.
Mobilisons-nous pour faire aboutir les revendications du Col170ct61 :
- La reconnaissance du massacre du 17 octobre comme crime d’État.
- Dans un souci de transparence sur notre histoire et de reconnaissance des faits, un accès libre aux archives de la guerre d’Algérie.
- Que la recherche sur ces questions historiques et mémorielles soit encouragée sans ingérence des pouvoirs politiques.
- Qu’afin de favoriser la transmission aux nouvelles générations, soit créé, en France, un musée national d’histoire du colonialisme et que soit équitablement enseigné cette période de notre histoire commune.