L’extrême droite capitalise sur les attaques institutionnelles contre l’école publique

Espérance banlieue et Excellence ruralités
Mercredi 20 mai 2026

Le système éducatif français est aujourd’hui l’un de ceux qui échouent le plus à corriger les inégalités sociales. Tout comme les quartiers, les zones rurales sont parmi les plus touchées par les politiques libérales de casse des services publics.

Bien qu’encore marginal dans le paysage éducatif, le succès même relatif des établissements privés hors contrat, type Espérance banlieue ou Excellence ruralités, s’inscrit dans un processus continu de casse du service public de l’éducation.

Le SUNDEP Solidaires dénonce l’instrumentalisation d’une pédagogie de façade qui serait respectueuse des enfants, d’enseignantes particulièrement engagées, du respect des valeurs traditionnelles et du drapeau, derrière laquelle se cache une arme contre l’école publique pour toutes.

Espérance Banlieue

En 2012 à Montfermeil était créé le Cours Alexandre Dumas, une école privée hors-contrat, première école « Espérance Banlieue ». Une fondation est aussitôt créée, la Fondation Espérance Banlieues (FEB), sous tutelle de la Fondation pour l’École, une officine qui « défend et promeut par tous les moyens légaux les droits et la liberté des écoles libres hors contrat », ce qui, dans les faits, se traduit par un fort soutien aux écoles catholiques hors-contrat de la sphère traditionaliste et intégriste.

Derrière la façade d’une pédagogie qui serait respectueuse des enfants, d’enseignantes particulièrement engagées, du respect des valeurs traditionnelles (et du drapeau) se cache une arme contre l’école publique pour toutes. Elle vend aux familles populaires et notamment aux familles racisées des quartiers populaires un modèle réactionnaire afin de mieux promouvoir un projet élitiste tandis que l’école publique est de plus en plus délaissée par l’État et les collectivités territoriales. Il s’inscrit également dans une vision raciste de mise au pas des enfants non blanches par un enseignement réactionnaire.

Les témoignages sont aujourd’hui nombreux des familles qui sont revenues de ce mirage et les cas de dérives et de violences notamment racistes sont désormais bien documentés.

Excellence Ruralités

C’est en 2017 à Fère, dans l’Aisne, qu’est créée la première école Excellence Ruralités : le Cours Clovis. Même présentation fleurant bon la nostalgie d’une époque qui n’a existé que dans les fantasmes d’une élite réactionnaire. Même dispositif que pour les écoles du réseau Espérance Banlieue, des écoles hors-contrat qui aiment se donner le nom de « Cours », port de l’uniforme et propagande : exigence, liberté pédagogique… et surtout faibles effectifs. Et ici encore les déconvenues sont nombreuses, beaucoup de familles témoignent avoir eu la sensation d’être dupées.

Bien qu’encore marginal dans le paysage éducatif, le succès même relatif de ces établissements s’inscrit dans un processus continu de casse du service public de l’éducation : précarisation de l’ensemble des personnels, mise en concurrence des établissements et bientôt des enseignantes, attaques contre les pédagogies émancipatrices, délaissement des bâtis.

Le système éducatif français est aujourd’hui l’un de ceux qui échouent le plus à corriger les inégalités sociales. Tout comme les quartiers, les zones rurales sont parmi les plus touchées par les politiques libérales de casse des services publics.

Ce n’est pas un hasard si ce sont justement ces territoires qu’investissent les réseaux catholiques intégristes de l’école dite “libre”, qui n’est en fait qu’un modèle d’école réactionnaire.

La seule école libre, c’est l’école laïque publique !

Téléchargez notre communiqué commun SUD éducation - SUNDEP Solidaires en bas de cette page.

Voir en ligne : le communiqué sur le site de SUD éducation

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