SUD Éducation

Partout dans le monde le droit à l’avortement est attaqué par le système patriarcal.

En France, durant la crise sanitaire, le gouvernement a réaffirmé que le droit des femmes à disposer de leur corps était un droit « qui ne saurait être remis en cause en période de crise sanitaire ». Pourtant, les centres de planification familiales et les professionnels de santé ont constaté une diminution des Interruptions Volontaires de Grossesse pendant la période de confinement. Alors que le droit effectif à l’avortement est déjà malmené en France depuis plusieurs années à cause de la fermeture de nombreux centres IVG décidée par les pouvoirs publics, on peut craindre que des femmes se retrouvent hors cadre légal avec la saturation des hôpitaux, la suppression de certaines opérations chirurgicales et la fermeture des centres de planifications.

Le 31 mai 2016, Najat Valaud Belkacem déclarait : « Je souhaite passer d’une gestion administrative à une gestion des ressources humaines ».

C’est à l’occasion des annonces sur les « augmentations de salaires » dont les visées électoralistes n’ont trompé personne [[ Lire à ce sujet notre communiqué du 3 juin 2016 : « Annonces sur les salaires et l’évaluation des enseignant-e-s : OPA sur les enseignant-e-s et normalisation managériale »] ] que le ministère a dévoilé les principes d’une modification en profondeur de l’évaluation des enseignant‑e-s. Le projet ministériel est désormais définitif.

À la suite des changements de programmes pour l’école primaire et le collège et dans le cadre d’une pseudo réforme de « l’évaluation » pour les élèves, le ministère a décidé d’imposer, en remplacement du Livret Personnel de Compétences, un Livret Scolaire Universel Numérique (LSUN) pour les cycles 2, 3 et 4. Sa mise en œuvre doit se faire dès l’année scolaire 2016/2017.

Dans l’éducation comme partout les condition de travail et de vie se dégradent Les politiques d’austérité qui consistent à prendre aux classes populaires pour faire exploser les dividendes des plus riches touchent tous les secteurs : éducation, services publics, salaires, etc.

Rarement l’actualité a fourni autant de prétextes à une instrumentalisation de l’éducation morale et civique, puisqu’à la suite des attentats de janvier 2015 à Paris, l’école est mise sur la sellette, et sa part de responsabilité mise en question. Si l’école est si perméable à la demande sociale véhiculée par les médias, comment ne pas craindre que ces nouveaux programmes soient l’occasion, pour l’État, d’une réponse à « chaud » aux émotions suscitées ? Par ailleurs, dans un contexte où les moyens de l’État vont aux politiques sécuritaires, ce projet est révélateur des orientations éducatives du ministère.

Sans attendre, nous devons, partout dans les établissements, débattre des enjeux de cette réforme, définir nos revendications, construire la mobilisation pour stopper ce projet et imposer des alternatives.