Retraites : il faut d’autres réformes !

Communiqué Union nationale interprofessionnelle des retraités Solidaires
Publié le lundi  26 août 2013


Le gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme des retraites. Il s’appuie sur les rapports du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) et sur un rapport Moreau (une « commande » récente) pour justifier la nécessité de nouveaux reculs sociaux qui nous sont présentés comme autant de pas nouveaux vers plus d’égalité et plus de justice pour « sauver notre système par répartition ». Comme à chaque fois, les « experts » mis à contribution pour tenter de crédibiliser la logique impérieuse de ces reculs ne prennent pas en compte les données essentielles. Jamais ces rapports ne mettent en cause le partage de plus en plus inégalitaire des richesses produites (en 25 ans, cinq points de PIB sont passés de la rémunération du travail – salaires et cotisations sociales – à la rémunération du capital – dividendes et rente des actionnaires). Jamais ces rapports n’expliquent que les « déficits sociaux » résultent pour l’essentiel d’une base de cotisation de plus en plus restreinte (masse salariale globale réduite par ce partage de plus en plus inégalitaire, chômage de masse maintenu, fraudes à la Sécurité sociale par le travail au noir des entreprises, exonérations de cotisations sociales sans contreparties, etc). Toujours ces rapports et ces experts s’inscrivent dans le partage inégalitaire des richesses et ont pour objectif, réel mais jamais annoncé, de conforter ces choix idéologiques. Jamais donc ils ne contestent l’idée qu’il faille « travailler plus longtemps car on vit plus longtemps » : les travailleurs doivent travailler plus, mais les rentiers peuvent continuer de vivre plus longtemps avec des rentes plus importantes. Toujours ces rapports oublient de parler des gains de productivité énormes obtenus par le travail humain depuis plusieurs décennies en France. Jamais ils ne présentent comme un non-­‐sens l’idée de faire travailler plus longtemps les personnes âgées quand leurs enfants et leurs petits-­‐enfants sont au chômage.

L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) estime que l’urgence n’est pas dans ce genre de mesures allant à contre-­‐sens du progrès social. L’urgence est à une autre répartition des richesses : il est inadmissible qu’une minorité croule sous l’opulence et le gâchis ostentatoire pendant que le plus grand nombre connaît les difficultés quotidiennes. L’urgence est à une autre répartition du travail et du temps de travail : il est inadmissible que cinq millions de personnes soient au chômage quand d’autres croulent sous des charges et des conditions de travail trop lourdes, trop longues. L’urgence est à une réflexion globale sur la place du travail dans l’activité humaine quand les gains de productivité permettent déjà de produire plus en moins de temps.

L’UNIRS, comme l’Union syndicale Solidaires dont elle est membre, appelle donc les personnes retraitées à participer de façon déterminée aux manifestations intersyndicales du mardi 10 septembre organisées dans tous les départements par la CGT, FO, la FSU et Solidaires (à Paris, départ 14 heures, place de la République, pour la place de la Nation, par le bd Voltaire). Il faut mettre un arrêt aux réformes régressives. Il faut mettre un frein à l’expansion croissante des pouvoirs et des privilèges de la finance. Toute action qui permettra, ici ou ailleurs, d’inverser le sens des réformes permettra demain de nouvelles reconquêtes sociales

26 août 2013

Documents joints

Communiqué UNIRS