État de la France : Déclaration de l’Union syndicale Solidaires au CESE

Communiqué Solidaires
Publié le lundi  17 décembre 2012


Texte de la déclaration de l’Union syndicale Solidaires à la séance du 12 décembre 2012 du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Pierre Khalfa :

Au nom de l’Union syndicale Solidaires que je représente ici, je voterai contre ce projet d’avis. Il contient pourtant dans sa partie « analyse » des éléments intéressants et il faut remercier le rapporteur d’avoir accepter d’y intégrer nombre d’amendements lors de la discussion en section. Ainsi, le texte note à de nombreuses reprises l’effet néfaste des politiques de restriction budgétaire et de la baisse du coût du travail sur l’activité économique.

Il indique ainsi à juste titre que : « Ces politiques d’austérité menées simultanément dans les pays européens ont cependant des conséquences sociales lourdes pour les populations et également des effets économiques pro-cycliques. En effet, les relations commerciales entre pays de l’Union sont majoritaires dans les échanges extérieurs des pays membres, les déficits des uns faisant les excédents commerciaux des autres et, de ce fait, la contraction de la demande interne dans tous les pays pèse sur le commerce extérieur de tous. Ainsi, même l’Allemagne est actuellement touchée par la contraction de l’activité économique. »

De même, le projet d’avis note le niveau particulièrement élevé des dividendes versés aux actionnaires qui ont atteint plus de 30 % de l’excédent brut d’exploitation en 2011, niveau historique depuis fin de la seconde guerre mondiale, contre 14 % dans les années 1990.

Ces constats ne font que faire ressortir encore plus le caractère convenu des préconisations qui reprennent pour l’essentiel la doxa dominante, et ce, en contradiction même avec les analyses précédentes.

Trois exemples parmi d’autres :

  • Le projet d’avis prône « la nécessité de mener des réformes structurelles », c’est-à-dire en fait, d’approfondir encore les politiques qui sont à l’origine de la situation actuelle.
  • Il se félicite des propositions du rapport Gallois, alors même qu’il pointe les conséquences néfastes des mesures que ce rapport préconise sur l’emploi, le pouvoir d’achat et la qualité des services publics.
  • Il se prononce pour un tour de vis budgétaire supplémentaire pour tenir les objectifs de réduction du déficit dans le cas où la prévision de croissance retenue par le gouvernement s’avère erronée — comme cela est fort probable —, sans voir que la France s’engagerait ainsi, comme d’autres pays européens, dans une spirale récessive mortifère.

Le CESE avait l’occasion avec ce projet d’avis de proposer des préconisations fortes qui auraient permis de sortir de la situation actuelle et qui auraient montré qu’il n’y a aucune fatalité à subir la régression sociale en cours. Cela aurait supposé le courage de remettre en cause un certain nombre d’idées reçues. Ce n’est pas le cas. Une occasion manquée donc.


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Communiqué CESE