« A » qui la faute ?

Communiqué de Solidaires
Publié le samedi  14 janvier 2012


Une des trois agences de notation, Standard & Poor’s, a décidé vendredi
13 janvier d’abaisser la note de neuf pays européens dont la France.
Celle-ci a donc perdu son triple A, dont le maintien était devenu depuis
quelques mois l’objectif central de la politique menée par le
gouvernement, justifiant ainsi la contre-réforme des retraites et les
plans d’austérité qui se sont empilés depuis plusieurs mois.

A travers ces abaissements des notes de neuf pays sur dix sept de la
zone euro, c’est l’ensemble des mesures prises lors des sommets
européens dits de la dernière chance qui se sont succédés pendant
l’année 2011 qui sont condamnées par cette agence de notation. Cette
condamnation porte en perspective, à quelques jours du sommet
anti-social du 18 janvier, de nouvelles mesures d’austérité et risque de
renforcer encore le chômage et la spirale récessive dans laquelle
l’ensemble des pays de la zone euro reste enfermé. Elle confirme que les
agences de notation sont un facteur d’aggravation de la crise. Encore
une fois, ce sont les peuples qui sont menacés de payer pour une crise
dont ils ne sont en rien responsables.

Pourtant des solutions existent, par exemple en permettant enfin à la
BCE de prêter aux États de la zone euro afin de mettre un coup d’arrêt à
cette aberration qui permet aux banques d’emprunter à la BCE au taux de
1 % pour ensuite prêter aux Etats à des taux exorbitants : au 13 janvier
les taux des obligations à dix ans sont de 12,40 % pour le Portugal,
6,66 % pour l’Italie, 5,31 % pour l’Espagne, 3,29 % pour l’Autriche et
3,12 % pour la France. Pour la Grèce après plusieurs plans d’austérité,
censés permettre de sauver ce pays et qui n’ont fait que paupériser sa
population, ils sont à 44,59 % !

Pour l’Union syndicale Solidaires, pour sortir de cette spirale absurde,
l’Union Européenne doit changer radicalement de politique. Cela ne sera
possible que si les citoyens refusent la résignation et prennent en main
leurs affaires, en imposant un véritable débat démocratique sur les
politiques économiques face à la dette publique et à la pression des
marchés. Telle est l’ambition de l’initiative d’audit citoyen lancée en
France et dans plusieurs autres pays européens.

Pour l’Union syndicale Solidaires, il est aujourd’hui indispensable et
urgent de construire au niveau européen les mobilisations nécessaire
pour imposer d’autres choix économiques et sociaux.

Paris le 14 janvier 2012

Source : Union syndicale Solidaires

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