Rebelate para el cambio

Publié le mercredi  6 juillet 2011


Rebelate para el cambio *

De nos jours le but du pouvoir politique est de servir la politique économique.

La gouvernance économique a assujetti les pouvoirs politiques à sa vision ultra libérale du marché unique mondial. C’est bien le sens des décisions du sommet du Luxembourg du 20 juin 2011 mettant la Grèce à genoux. Les différents gouvernements ne sont plus que des courroies de transmission coercitives actionnées contre les intérêts de leurs propres électeurs.
Peut-on accepter de faire de la précarité la règle même du salariat ? Après les révolutions du printemps arabe, le mouvement d’indignation s’étend un peu partout en Europe pour rejeter la mondialisation imposée par les grandes banques et pour ne pas être à leur solde.

Quelle que soit leur nationalité, les jeunes, à force d’obéir aux règles dictées par la loi du marché, ont tout accepté : formations, stages, CDD à répétitions, et, la crise survenant, sont réduits à quémander des aides ou à vivre dans la rue ; tel est le symbole des tentes dressées sur la Puerta del Sol.

Ce mouvement est-il le début d’une prise de conscience globale de la condition du salariat voulue par les tenants de l’ultralibéralisme ?
Les jeunes sont-ils en train de réaliser qu’ils sont pris dans un tourbillon qui les entraîne irrésistiblement vers l’asservissement ?
Le rôle du syndicalisme étant la défense des salariés, il se doit de s’associer à toutes les initiatives tendant à inverser le sens du courant néolibéral et capitaliste.

Mais que dire à la jeunesse privée d’avenir et sans réelles perspectives d’insertion sociale alors qu’elle est surdiplômée et sous classée dans le monde du travail ?

L’heure est venue d’apporter de vraies réponses aux aspirations de la jeunesse qui revendique le droit au travail inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. La jeunesse a fait l’apprentissage des turpitudes de ce système et ne fait plus confiance ni aux politiques ni aux syndicats qui pourtant les accompagnent au quotidien dans la recherche d’emploi. C’est bien qu’elle aspire à un autre monde dans lequel elle veut être actrice et non assistée.

En France les rassemblements ne sont pas suivis massivement car la jeunesse n’en est encore qu’aux balbutiements de cette prise de conscience et qu’elle tente de s’organiser. Gageons qu’elle finira par trouver sa voie, forte de sa richesse intellectuelle. Elle ne se leurre pas et sait que les tentatives de l’UE, BCE et consorts de sauver les économies grecque, portugaise, espagnole, etc. n’ont pas pour but le bien-être des peuples mais la récupération des marges potentielles qui leur échappent encore par des dénationalisations et des baisses de salaire. Elle sait que le tour d’autres pays viendra et que la France ne sera pas épargnée.

Les dirigeants politiques préparent le terrain : « Sus à tous les statuts et aux “privilèges” des salariés. »

Le reclassement PSAEE et la campagne du ministère de l’Éducation pour le recrutement d’enseignants précaires, associé à la baisse du nombre de postes aux concours, s’inscrivent dans cette logique. Dans l’enseignement privé les raisons de s’indigner sont nombreuses : CDD à répétitions, augmentation prévue du temps de travail, point d’indice gelé, surcharge des classes, refus d’embauche des lauréats sans préaccord, déclassifications…

La défense des acquis n’est plus suffisante, c’est la priorité de l’humain sur l’économique qu’il faut remettre en avant.

Rien ne changera sans luttes.

Caroline Bertheuil
SUNDEP-Solidaires Paris

* Rebelle-toi pour le changement


Editorial Contrepoint no 27 - juin 2011