Pourquoi les enfants d’immigrés réussissent mieux à l’école que les autres

Publié le lundi  11 juillet 2011
Mis à jour le samedi  2 juillet 2011

En apparence, les jeunes d’origine immigrée réussissent moins bien que les autres à l’école. Mais si l’on tient compte de leur milieu social, c’est tout l’inverse… L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

On sait que depuis mai 2011, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, a déclaré à plusieurs reprises (radio, journaux, Assemblée nationale) que les enfants d’immigrés étaient responsables des 2/3 des sorties du système scolaire sans diplôme.

Fait rarissime, suite à la pression exercée par les syndicats, l’INSEE s’est fendu d’un communiqué démentant les propos du ministre (cf. le communiqué au bas de l’article).

Pour sa part, Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, va même jusqu’à démontrer que les enfants d’immigrés réussissent mieux à l’école que les autres.

Lire l’article de Louis Maurin.

Le communiqué de l’INSEE

http://www.insee.fr/fr/ppp/comm_pre...

Paris, le 27 juin 2011

N° 122/DG75-H452/

Suite aux différents échanges qui ont eu lieu par voie de presse à ce sujet, l’Insee souhaite rappeler les statistiques publiées en 2005 sur le parcours scolaire des enfants d’immigrés.

Ces statistiques figurent dans l’ouvrage Les immigrés en France (collection Insee-Références, édition 2005, pages 98 et 99) et portent sur la scolarité dans l’enseignement secondaire des élèves entrés en sixième en 1995.

Dans cette étude, les proportions d’élèves sortis sans qualification de l’enseignement secondaire sont ainsi de :

  • 10,7 % parmi les enfants de familles immigrées [1] ;
  • 6,6 % parmi les enfants de familles « mixtes » [2] ;
  • 6,1 % parmi les enfants de familles non immigrées.

Il est, de plus, indiqué dans la présentation qui accompagne ces statistiques, qu’à la rentrée 1995, près d’un entrant en sixième sur 10 appartient à une famille immigrée et que 6 % des élèves vivent dans une famille « mixte ».

Compte tenu de ces éléments, la proportion d’enfants d’immigrés parmi les élèves sortis sans qualification de l’enseignement secondaire peut être estimée à environ 16 % pour les enfants de familles immigrées. Si on y ajoute les enfants de familles « mixtes », cette proportion passe à environ 22 %.

Les statistiques sur lesquelles s’appuie cette estimation sont disponibles depuis leur parution en 2005 sur le site internet de l’Insee à l’adresse :
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/immfra05f.PDF


Source : Observatoire des inégalités

[1Dans cette étude, une famille immigrée est une famille dont les deux parents sont immigrés, c’est-àdire
nés étrangers à l’étranger, ou une famille monoparentale dont le parent chef de famille est immigré.

[2Dans cette étude, une famille mixte est une famille dont un seul des deux parents est immigré.