Journée morte le 10 mars

Publié le samedi  5 mars 2005
Mis à jour le samedi  16 avril 2011

Avec l’ensemble des confédérations CGT, FO, CFTC, CFDT, Sud Solidaires, l’UNSA et les Syndicats de l’enseignement public FSU, les parents d’élèves de la FCPE, le SUNDEP vous appelle à l’action.

Après le 7 décembre, le 20 janvier, les 5 et 25 février, le gouvernement continue la politique de l’autruche et veut passer en force tant sur la loi Fillon que sur les 35 h.

 Pour l’emploi :

Dans le pays le chiffre officiel des 10 % de chômeurs vient d’être dépassé en janvier 2005. Pourtant les redressements des chiffres du chômage n’ont jamais été aussi importants que dans la dernière période où les radiés de l’ANPE se multiplient.

Ce n’est pas en augmentant le temps de travail des salariés que la situation s’améliorera !

Les suppressions d’emploi dans l’Éducation sont très importantes, près de 6000 dans le secondaire public, 534 dans l’enseignement privé.

Pour 2006, le gouvernement parle de tripler l’addition soit de 15à 20000 emplois dans le public, moins 1500 dans le privé …

Salariés du Public et du Privé, nous devons arrêter la casse !

 Pour nos salaires :

Moins 6 % de pouvoir d’achat depuis l’an 2000 tant pour les enseignants que les personnels de droit privé.

Le gouvernement montre ses priorités : réduction d’impôts pour les plus riches et mépris pour les salariés du secteur public.

Alors que le forfait d’externat est revalorisé et que les lois de décentralisation garantissent des revenus en forte augmentation pour les établissements, les salaires des personnels restent désespérément bloqués.

Alors que les profits des entreprises explosent les salariés doivent toucher les fruits de la croissance.

Le 10 mars, le gouvernement doit nous entendre, c’est pour cela que le Sundep appelle à une « journée morte ».
C’est maintenant qu’il faut résister !

 Contre la Loi Fillon.

Une loi réactionnaire pour les élèves : elle mélangeles vieilles recettes : soutien et doublement, avec des évolutions plus dangereuses : individualisation de l’échec en école primaire et au collège -contrat CIRE-, voire médicalisation des jeunes qui « résisteraient » aux moyens traditionnels de remédiation. En conclusion si l’élève « ose » ne pas réussir, il sera renvoyé à son propre échec ou déclaré « malade », dédouanant ainsi l’Institution Scolaire.

La conception de l’enseignement se réduit à l’étude d’un socle commun, source de la re-création de filières précoces, d’orientations hiérarchisées sans passerelles - enseignement professionnel - avec des réseaux d’établissements à « plusieurs vitesses ».

La conception de l’instruction se réduit : l’apprentissage du « savoir être » passe de l’outil à l’objectif en soit. Et ce n’est pas l’apprentissage de la Marseillaise qui donnera « du souffle » à cette réforme.

Un statut dévalorisé des enseignants :

Formation initiale réduite à un apprentissage sur le tas, enseignants bivalents, salaires diminués en pouvoir d’achat et en droit avec la fin des heures de labo et de chaire, enseignants transformés en remplaçant même dans n’importe quelle matière avec un horaire annualisé… Des enseignants à liberté pédagogique limitée par le « Conseil pédagogique » désigné par le chef d’établissement.

Une loi destinée à couvrir l’abandon de la priorité à l’éducation et la baisse astronomique des crédits. Emplois jeunes supprimés, les surveillants diminués, la restriction de la surface des enseignants semble bien correspondre aux projets de diminution de postes. Qui osera croire que l’enseignement privé sera épargné ?

Pour beaucoup les réactions à la loi Fillon varient du « ce n’est pas possible » à « dans le privé nous ferons à notre sauce ». Cette défense, outre son aspect illusoire à court terme n’est pas satisfaisante : qui pourra accepter que les élèves de l’enseignement privé soient mieux servisque les jeunes scolarisés dans l’enseignement public ?

- Primaire et Maternelle : réduction de l’accueil en maternelle, augmentation du nombre d’élèves avec des moyens inadaptés aux besoins, perte importante de moyens dans l’enseignement spécialisé.
- Collèges : disparition de l’ATP et des IDD sans le rétablissement des horaires disciplinaires, polyvalence obligatoire des maîtres par le développement de certifications complémentaires … Un socle commun réduit à un kit de survie : c’est l’aggravation de la politique d’établissements à parcours à plusieurs vitesses. L’accès la culture pour tous est refusé !
- Lycées Professionnels : livrés à la concurrence directe de l’apprentissage, suppression de filières. L’orientation en LP étant sans retour possible vers les études supérieures. Dés cette année, le Recteur a fermé des formations de PLP en IUFM …
- Lycées Généraux et Technologiques : suppression des TPE en terminales, réforme a minima de filières technologiques, suppression de dédoublements, remise en cause des enseignements artistiques et de l’Éducation Physique et Sportive …
- Début de l’annualisation du temps de travail des enseignants par l’obligation faite aux enseignants d’assurer le remplacement de collègues absents, même dans une autre matière (72 h en HSE), heures de décharges (labo, cabinets, premières chaires …) dont l’attribution sera soumise à la « discrétion du chef d’établissement ».
- Formation initiale des enseignants : remise en cause de la formation initiale par la dilution des IUFM dans l’Université. Si la formation actuelle n’était pas sans défaut, l’intégration des IUFM dans l’Université signifie la remise en cause de la spécificité de la formation professionnelle et universitaire- déjà trop courte- des enseignants en prévision de diviser par deux le temps de formation par le biais de l’alternance.
- Formation continue : principalement sur temps de vacances ! La loi Fillon risque de transformer la formation continue en une contrainte imposée par les directions.
- Autonomie des enseignants remise en cause par la création d’un conseil pédagogique nommé par le chef d’établissement…

Le jeudi 10 mars
soyons « olympiques »
grève et manifestation !