Grève à l’École normale supérieure (ENS)

Union syndicale Solidaires des 5e et 13e arrondissements de Paris
Publié le mercredi  13 avril 2011


La solution contre la précarisation, c’est pas la répression, c’est la titularisation :

Depuis maintenant plus de 90 jours, une douzaine d’agents précaires de l’École Normale Supérieure sont en grève pour réclamer leur titularisation. En effet, cet établissement, fleuron mondialement connu de l’enseignement supérieur français, n’a pu pendant des années fonctionner qu’en embauchant des agents précaires, sous-payés et pris en CDD, donc toujours sous la menace d’un non-renouvellement de contrat. Pourtant, sans elles et eux, ni la cantine, ni le ménage, ni la bibliothèque, ni d’autres services de l’ENS ne pourraient marcher normalement.

Mais à l’automne dernier, ces agents précaires ont décidé d’en finir avec cette situation anormale et ils se sont mobilisés pour revendiquer une augmentation de leurs salaires, de meilleures conditions de travail et leur titularisation, car leurs postes correspondent à des besoins permanents, qui doivent donc être en principe occupés par des fonctionnaires.

La direction de l’ENS ayant refusé de négocier et repoussant ces demandes légitimes, les agents précaires se sont mis en grève reconductible le 18 janvier 2011, avec l’appui de la FERC-CGT, de SUD Etudiant – Solidaires et de nombreux étudiants et salariés de l’ENS.

Pourtant, malgré la détermination et la durée de cette grève, la direction de l’ENS refuse toujours une véritable négociation et s’oppose toujours obstinément à une solution acceptable du conflit. Cela est d’autant plus incompréhensible qu’un accord a été négocié par des organisations syndicales auprès du ministère de la Fonction Publique, grâce au rapport de force construit par les grévistes et leurs soutiens. Cet accord prévoit la titularisation des agents précaires et leur passage en attendant en CDI. Sauf que la direction de l’ENS, sûrement fâchée d’être désavouée par une autorité supérieure, refuse d’appliquer cet accord et tente de semer la confusion avec l’aide du ministère de l’enseignement supérieur. Ce blocage total dont est seul responsable la direction de l’ENS a conduit les grévistes et leurs soutiens à occuper les bureaux de la direction de l’ENS, afin de montrer de manière claire où se situait le problème.

Là encore, les seules réponses de la direction de l’ENS furent le refus de discuter et la répression, puisque elle a attaqué en justice certains des grévistes et des soutiens. Elle a même obtenu une autorisation de faire procéder à l’expulsion des occupants par la force. Mais une telle action ne réglera en rien le conflit social et ne fera que l’envenimer un peu plus.

Néanmoins, la direction de l’ENS n’est pas la seule en cause dans ce mépris à l’égard des agents précaires. C’est bien le gouvernement qui a encouragé depuis des années les établissements publics à fonctionner en embauchant des précaires. Et c’est le ministère de l’enseignement supérieur qui soutient encore actuellement la direction de l’ENS dans son attitude intransigeante. Dans ces conditions, comment croire aux annonces du gouvernement sur la titularisation de dizaines de milliers de précaires suite à la signature avec certaines organisations syndicales le 31 mars dernier d’un protocole sur les contractuels de la Fonction Publique , alors qu’il se refuse à titulariser une quinzaine de précaires qui travaillent dans un établissement situé à 500 mètres du ministère de l’enseignement supérieur.

C’est pourquoi nous dénonçons l’attitude répressive de la direction de l’ENS, nous affirmons notre solidarité avec les agents en grève et à leurs soutiens et nous demandons l’application immédiate d’un vrai plan de titularisation des précaires de l’ENS, comportant un calendrier détaillé et des éléments chiffrés.


À l’ENS comme ailleurs, la précarité n’est pas une fatalité, c’est un fléau social à éliminer !


Union syndicale Solidaires des 5éme et 13éme arrondissements de Paris